Grève de la faim de la maire de Saint-Médard-en-Forez : une posture politicienne irresponsable

Il n’est pas acceptable, dans une période dominée par la défiance des citoyens pour leurs élus, qu’une telle action, savamment orchestrée et médiatisée, soutenue par d’autres élus de la république,  s’affiche comme l’exemple d’une résistance à une réforme. Il est irresponsable pour des élus de promouvoir des modes d’action politique pouvant mettre en péril la vie ou la santé d’un être humain.

Il n’est pas inutile de rappeler aujourd’hui que pour une très grande majorité d’enfants concernés par la mise en place de cette réforme à la rentrée 2013 cela se passe bien ou mieux après les quelques réglages que nécessite l’application d’une telle réforme. La réforme des rythmes scolaires, avec d’autres mesures de la loi de refondation de l’école, a pour vocation, et les premières évaluations en attestent, à lutter contre les inégalités scolaires dont sont victimes les enfants les plus défavorisés.

Elle était préconisée, dès 2010, dans un rapport parlementaire des députés Xavier Breton (UMP) et Yves Durand (PS), adopté par les députés UMP, en des termes très clairs : « S’agissant de la semaine de quatre jours, elle devrait être purement et simplement interdite. Certes, cette mesure apporterait une restriction à la liberté qui devrait être offerte aux acteurs locaux. Mais elle enverrait un signal fort de prise en compte de l’intérêt de l’enfant. Car la semaine de quatre jours a été choisie par les seuls adultes alors qu’elle est préjudiciable aux apprentissages et entraîne, selon les chercheurs entendus par la mission, une désynchronisation des rythmes biologiques des enfants. »

Le dialogue n’a jamais été rompu entre le Gouvernement et les élus locaux. Il n’a jamais été question pour le gouvernement de nier les  difficultés de la mise en place d’une réforme qui bouleverse les temps de vie de chacun et c’est bien dans ce sens que des assouplissements, notamment en direction des communes rurales, ont été proposés. Il n’a jamais été question non plus de nier l’impact financier pour la mise en œuvre  de cette réforme, c’est pourquoi le fonds d’amorçage a été pérennisé.

De nombreuses communes, y compris de la taille de celle de Saint-Médard ont mis en place ou vont mettre en place cette réforme en prenant appui sur un véritable travail de concertation, en essayant de ne pas tomber dans tous les pièges politiciens et avec en ligne de mire permanent l’intérêt des enfants. Investir sur l’éducation c’est une question de choix, de choix politique, de choix de société. Certains y compris à une toute petite échelle ont fait ces choix.

Madame la Maire de Saint Médard n’a semble-t-il pas souhaité accepter la main tendue de la Préfète, pas plus qu’elle n’a saisi les aménagements rendus possibles par le regroupement des activités périscolaires sur une demi-journée. Elle est beaucoup plus sensible aux soutiens intéressés des députés de l’UMP, preuve s’il en est, que nous sommes bien ici face à une posture purement politicienne.  L’intérêt des enfants – ceux pour qui cette réforme a été mise en œuvre – est très loin des préoccupations.

Eric NEDELEC
Secrétaire fédéral Education, Formation tout au long de la vie



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