Pour le 30ème anniversaire de sa mort, les socialistes se souviennent de PIERRE MENDES FRANCE

Pierre Mendès France, surnommé PMF, né le 11 janvier 1907 à Paris et décédé le 18 octobre 1982 dans la même ville, est un homme politique français. (source : wikipedia)
Sa vie politique commence lors de son élection comme député de l’Eure, en 1932 1. Radical-socialiste, il participe à la coalition du Front populaire. Il exerce l’autorité de l’État quelques semaines en 1938, sous l’égide de Léon Blum, puis de 1944 à 1945, dans la mouvance du général de Gaulle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance, rejoignant les Forces aériennes françaises libres.

Nommé président du Conseil par le président René Coty, en juin 1954, il cumule cette fonction avec celle de ministre des Affaires étrangères. Ses tentatives de réforme en Algérie entraînent la chute de son gouvernement, cible à la fois de ses adversaires colonialistes et de ses soutiens politiques habituels anti-colonialistes. Il quitte alors la présidence du gouvernement en février 1955, après avoir été renversé par l’Assemblée nationale sur la question très sensible de l’Algérie française.
Ministre d’État sans portefeuille du gouvernement Guy Mollet en 1956, il démissionne au bout de quelques mois en raison de son désaccord avec la politique du Cabinet Mollet menée en Algérie.
Il vote contre l’investiture de Charles de Gaulle à la présidence du Conseil en juin 1958, puis abandonne tous ses mandats locaux après sa défaite aux élections législatives du mois de novembre de la même année. Élu député de la 2e circonscription de l’Isère en 1967, puis battu l’année suivante, il forme un « ticket » avec Gaston Defferre lors de la campagne présidentielle de 1969.
Bien qu’il n’ait dirigé le gouvernement de la France que pendant un peu plus de sept mois, il constitue une importante figure morale pour une partie de la gauche en France. Au-delà, il demeure une référence pour la classe politique française

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Biographie / Pierre Mendès-France par FrenchCarcan
Biographie  – Pierre Mendès France
Pierre Mendès France en quelques dates : (source institut PMF)

•1907- Pierre Mendès France naît à Paris, le 11 janvier.
•1922- Modèle de l’élitisme républicain, il obtient son bachot à quinze ans et publie son premier article dans L’Université de Paris.
•1923- Tenté par l’enseignement, il opte néanmoins pour le barreau ; il entre à la faculté de droit et à l’Ecole libre des sciences politiques (“Sciences Po”).
•1924- Séduit par Edouard Herriot, Pierre Mendès France adhère au Parti radical et milite à la LAURS (Ligue d’action républicaine et socialiste) qui vient d’être créée et fait le coup de poing contre les Camelots du roi de l’Action française.
•1925- Il est classé quatrième de sa promotion de Sciences Po.
•1926- Secrétaire général de la section parisienne de la LAURS, puis à l’échelon national l’année suivante, il s’inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Paris, et devient le plus jeune avocat de France.
•1928- Pierre Mendès France soutient sa thèse de doctorat en droit, L’Œuvre financière du gouvernement Poincaré, et accomplit son service militaire comme caporal dans l’aviation ; au Parti radical, il est dans le groupe des Jeunes Turcs, avec Jean Zay, Pierre Cot, Jacques Kayser.
•1929- Il s’installe comme avocat à Louviers, dans l’Eure.
•1930 –  Son deuxième livre, La banque internationale. Contribution à l’étude du problème des Etats-Unis d’Europe, reçoit un accueil chaleureux.
•1932- Contre toute attente, car il s’agit d’une des circonscriptions les plus conservatrices de France, Pierre Mendès France est élu député de l’Eure ; il est le plus jeune député de France ; au congrès du Parti radical, à Toulouse, il prononce un réquisitoire contre la politique économique des radicaux, au nom des Jeunes Turcs.
•1933 Il épouse Lily Cicurel. Deux enfants naissent : Bernard et Michel, respectivement en 1934 et 1936. Son premier grand discours économique à la Chambre des députés lui vaut l’approbation publique de Léon Blum.
•1935- Il est élu maire de Louviers.
•1936- Réélu député de l’Eure, il est le seul à voter contre la participation de la France aux Jeux olympiques organisés par les nazis à Berlin ; il soutient le Front populaire, malgré son désaccord sur sa politique monétaire et sur la non intervention dans la guerre d’Espagne.
•1937- Il est élu conseiller général de l’Eure.
•1938- Devenu le plus jeune sous-secrétaire d’Etat au Trésor dans le deuxième gouvernement Blum du Front populaire, il élabore, avec Georges Boris, le premier plan de développement économique proposé au Parlement, mais le gouvernement est renversé trop vite pour qu’il soit appliqué.
•1939- Lieutenant de réserve, alors que son mandat de député lui permettrait d’obtenir un poste sans risque, il est nommé dans l’aviation au Levant ; mais il souhaite se battre et réclame une affectation au front.
•1940- En permission à Paris pendant la débâcle, il demande à participer au combat, en vain ; suivant son unité au Maroc, il embarque sur le Massilia, pour être arrêté à Casablanca et incarcéré à Clermont-Ferrand sous l’inculpation de désertion par le régime de Vichy, qui cherche des boucs émissaires.
•1941- Bien que tous ses chefs aient témoigné en sa faveur, Pierre Mendès France est condamné à six ans de prison lors d’un procès inique ; il s’évade de la prison de Clermont-Ferrand pour “défendre son honneur”, comme il l’écrit à Pétain.
•1942- Après quelques mois de clandestinité passés à la recherche d’un moyen d’aller à Londres, il y rejoint De Gaulle.
•1943- Il publie Liberté, liberté chérie à New-York ; combattant comme officier navigateur avec le Groupe Lorraine, il est appelé par De Gaulle pour être Commissaire aux Finances du Comité français de libération nationale ; ainsi nommé ministre, il tient malgré tout à effectuer une dernière mission de combat ! Il élabore le plan de redressement de l’économie française
•1944- Ministre de l’Economie nationale du Gouvernement Provisoire, il préconise des mesures drastiques, qui l’opposent à la politique plus facile prônée par René Pleven.
•1945- De Gaulle ayant tranché en faveur de la facilité, Pierre Mendès France démissionne du Gouvernement Provisoire au nom de la rigueur ; il est élu Président du Conseil général de l’Eure.
•1946- Il est nommé executive director pour la France de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) — poste qu’il occupe jusqu’en 1947 —, gouverneur pour la France du Fonds Monétaire International — jusqu’en 1959 —, et réélu député de l’Eure.
•1947- Nommé délégué de la France au Conseil économique et social de l’O.N.U. (ECOSOC) — poste dont il va démissionner en 1951 —, il est réélu conseiller municipal de Louviers.
•1948- Il est élu président des gouverneurs du F.M.I.
•1950- Il fait ses premières interventions au Parlement contre la guerre d’Indochine.
•1951- Pierre Mendès France est réélu député et président du Conseil général de l’Eure.
•1952- Nommé président de la commission des comptes de la Nation — fonction exercée jusqu’en 1960 —, il défend devant le tribunal militaire de Tunis plusieurs militants de l’indépendance tunisienne.
•1953- La Chambre refuse de peu l’investiture à Pierre Mendès France comme président du Conseil ; il est élu président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale — poste occupé jusqu’à son investiture en juin 1954.
•1954- Gouvernement Pierre Mendès France pendant sept mois et dix-sept jours.
Il règle le problème urgent de l’Indochine, puis tour à tour les problèmes tunisien, sarrois et des comptoirs français de l’Inde. La CED est repoussée et la nouvelle politique européenne est mise en place.
•1955- Son gouvernement est renversé par l’Assemblée nationale ; élu premier vice-président du Parti radical, il tente de le régénérer et mène campagne pour le Front républicain.
•1956- Ministre d’Etat du gouvernement Guy Mollet, il en démissionne à cause de la politique menée en Algérie
•1957- Il démissionne de la direction du Parti radical.
•1958- Le démocrate légaliste qu’il est ne pouvant pas accepter les conditions dans lesquelles De Gaulle prend le pouvoir, il va faire preuve d’une opposition sans faille jusqu’au bout ; battu aux élections législatives dans l’Eure, il abandonne ses mandats de maire et de conseiller général pour se consacrer à la réflexion politique.
•1959- Exclu du Parti radical pour son appartenance à l’Union des Forces démocratiques, il adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui fusionne avec d’autres groupes dans le PSU l’année suivante.
•1962- Il publie La République moderne, prend position contre l’élection du président de la République au suffrage universel, et est battu aux élections législatives à Evreux dès le premier tour.
•1965- Pierre Mendès France accorde son soutien à François Mitterrand contre De Gaulle lors des élections présidentielles.
•1967- Il est élu député de Grenoble ; son épouse Lily décède.
•1968- PMF participe au mouvement de mai, en particulier en se rendant au stade Charléty ; il perd son siège de député de Grenoble et démissionne du PSU.
•1969- Il fait campagne aux côtés de Gaston Defferre lors des élections présidentielles.
•1971- Il épouse Marie-Claire de Fleurieu, née Schreiber-Crémieux.
•1972- À la suite d’un problème de santé, PMF est contraint de réduire son activité.
•1973- Il publie “Science économique et lucidité politique” avec Gabriel Ardant.
•1974- Il soutient François Mitterrand lors des élections présidentielles et publie “Choisir”.
•1976- Pierre Mendès France va consacrer la fin de sa vie à la recherche de la paix au Proche-Orient ; il organise des conversations secrètes entre progressistes israéliens et palestiniens, à la demande des deux parties.
•1977- Rencontre avec Sadate et Begin à Jérusalem.
•1981- Pierre Mendès France soutient François Mitterrand lors des élections présidentielles.
•1982- Il s’éteint à sa table de travail le 18 octobre ; un hommage national lui est rendu.

Site Assemblée Nationale
« Le plus grand péril que court toujours la démocratie, c’est dans la négligence des citoyens qu’il réside. »

Pierre Mendès France

« Mendès n’exerça l’autorité de l’État qu’un temps très bref. En 1944-1945, il est ministre, quelques mois, mais de Gaulle écarte sa politique économique, la jugeant trop austère. Pendant 232 jours, en 1954-1955, il gouverne enfin. À marche forcée : il liquide une guerre perdue, l’Indochine, entame, en Tunisie, la décolonisation de l’Afrique du Nord, amortit l’échec de la Communauté européenne de défense. Les premiers troubles éclatent en Algérie. Et l’Assemblée organise sa chute. Hormis un intermède, en 1956, il se tiendra désormais en marge, prenant peu à peu la dimension d’un mythe. Par sa rigueur, il réconciliait morale et politique. Il avait ce courage du « parler vrai » qui ne laisse pas le citoyen indifférent. Mendès disait : “Gouverner, c’est choisir.” Il nous manque… » (Jean Lacouture, L’Express, 15 octobre 1992)

Source PS Rhone-Alpes :
La durée d’un passage au pouvoir n’augure pas du retentissement de celui-ci dans l’histoire. Le gouvernement de Front Populaire dirigé par Léon BLUM ne sera ainsi resté qu’un an au pouvoir, mais aura durablement marqué la France. Un ancien sous-secrétaire d’Etat de Léon BLUM, Pierre MENDÈS FRANCE, a également laissé son empreinte tout en ne restant que sept mois Président du Conseil, en 1954. Son magistère porte une certaine conception du pouvoir.

Cette conception est marquée par la notion d’équilibre et la volonté d’en tirer toutes les conséquences. Défenseur d’une démocratie parlementaire équilibrée, il renforça, lors de son passage à Matignon, les pouvoirs de l’exécutif dans la IVe République parlementaire. A l’inverse, il s’opposera aux institutions de la Ve République, qu’il juge déséquilibrées, et ce d’autant plus avec l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Cette opposition l’amènera à ne jamais se présenter à l’élection présidentielle, n’y participant que de manière originale, dans un « ticket » avec Gaston DEFERRE en 1969. Cette proposition faite aux Français (DEFERRE Président et MENDÈS-FRANCE 1er ministre), correspondant bien à sa conception de la politique, n’obtiendra toutefois que 5% des voix.

Avant cela, Pierre MENDÈS-FRANCE était arrivé au pouvoir en 1956, à la tête d’un gouvernement rassemblant principalement des radicaux, dont il est issu, et des centristes, mais bénéficiant du soutien des socialistes et des communistes. Dans un contexte marqué par la défaite de Dien Bien Phu, Pierre MENDÈS-FRANCE ouvrit la voie à la décolonisation. Il fit aboutir les négociations de paix en Indochine et lança les processus qui aboutiront à l’indépendance de la Tunisie et du Maroc. Il échoua toutefois sur la question algérienne, qui provoquera la chute de son gouvernement, sept mois à peine après sa nomination. Dans la foulée, il prit la tête d’un Front républicain lors des élections législatives, rassemblant les radicaux, les socialistes et les membres de l’UDSR de François MITTERRAND. Mais si cette alliance fut victorieuse, le jeu parlementaire fit que ce ne fut pas lui mais Guy MOLLET qui fut nommé Président du Conseil.

Bien que n’ayant pu développer une politique économique lors de son bref passage au pouvoir, trop marqué par le contexte international, Pierre MENDÈS-FRANCE n’en reste pas moins un économiste, croyant en la nécessité d’une régulation internationale, lui qui a été commissaire aux finances de la France Libre en 1943 puis négociateur lors de la Conférence de Bretton Woods en 1944. C’est à ce titre qu’il participa à la création de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD).

Il reste aujourd’hui de Pierre MENDÈS-FRANCE une image d’intégrité et de capacité à mettre ses idées en pratique, recherchant la confiance des citoyens tout en s’attelant à leur décrire précisément la situation. Valeur morale de la gauche, figure d’une évolution politique qui le mènera du radicalisme d’HERRIOT au socialisme, Pierre MENDÈS-FRANCE inspire toujours aujourd’hui une gauche soucieuse de vérité et d’équilibre.

Par Salvatore COSTANZA, section de Firminy.

http://www.ps-firminy.fr/



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