Sous la pluie pour défendre les 60 ans!

Ce matin, les manifestations de protestation contre la réforme de retraites ont rassemblé près de 35 000 salariés à Saint-Etienne et à Roanne, qui ont battu le pavé sous une pluie battante qui n’aura pas suffi à entamer leur détermination à montrer leur refus de la réforme telle qu’elle est imposée par le gouvernement. Cette mobilisation est une grande réussite populaire.

A l’heure où s’ouvre le débat parlementaire sur cette réforme, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale où nous siègerons toute la semaine avec Jean-Louis Gagnaire, nous pourrons nous appuyer sur ce formidable soutien des Français qui ont défilé dans la rue.

Les raisons de descendre dans la rue ce matin étaient nombreuses. Le plan gouvernemental va comme en 1993 et 2003, baisser les pensions des retraités et retarder l’accès à l’emploi pour les jeunes. Beaucoup de retraités qui ont cessé de travailler avant 60 ans vont se retrouver en situation de précarité aggravée en raison du recul de l’âge légal, et de l’augmentation de la durée de cotisation à 41,5 annuités. Le recul de 65 à 67 ans pour partir en retraite sans décote va prioritairement toucher les femmes, étant donné leur carrière en dents de scie et le temps partiel subi. Ceci augmentera un peu plus les inégalités entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, le refus du gouvernement de prendre en compte la pénibilité, qu’il confond avec la notion d’invalidité, traduit le mépris de ce dernier envers les salariés exerçant une activité professionnelle qualifiable de pénible. Ce que les syndicats et la gauche politique réclament, c’est que la pénibilité soit mesurée en fonction de son impact sur l’espérance de vie, et non pas considérée au cas par cas. Et plus qu’une prise en compte pour abaisser l’âge de départ à la retraite, ce sont des efforts à la racine du mal-être au travail que les socialistes entendent proposer.

Plus généralement, c’est notre système de retraites par répartition qui est aujourd’hui en danger. Pourtant, il existe un autre moyen beaucoup plus crédible et efficace d’en assurer la pérennité, et qui rompe avec cette logique de précarisation des retraités, en défendant une vision plus progressiste et solidaire. Rappelons qu’en matière de financement, les socialistes proposent des prélèvements nouveaux sur les revenus du capital (stock options et bonus, notamment), ainsi qu’une augmentation extrêmement modérée des cotisations sociales et patronales de 0,1 point par an sur 10 ans, qui permettrait d’obtenir 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Pour abonder le fonds de réserve que le gouvernement ne cesse de dilapider, nous proposons une surtaxe sur les bénéfices des sociétés payées par les banques, à hauteur de 15 %, qui dégagerait 3 milliards d’euros supplémentaires. Les profits du privé existent, il n’y a qu’à voir les bons chiffres du CAC 40, prenons l’argent là où il est ! Les richesses de ce pays n’ont jamais autant été mal redistribuées. A cela, nous rajoutons la nécessité d’une réforme juste qui maintienne l’âge de départ légal à 60 ans, la mise en œuvre d’un véritable plan d’emploi pour les jeunes et les seniors, pour faire en sorte qu’il y ait davantage de cotisations qui rentrent dans les caisses de la Sécurité Sociale, ainsi qu’une véritable augmentation des petites pensions.

Nous n’accepterons pas une réforme à la fois injuste et inefficace. Il existe une autre manière de préserver la pérennité du système par répartition qui ne remette en cause ni le progrès, ni la solidarité.

Communiqué de presse du Parti Socialiste de la Loire



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